Diabète et méchant

Tout espérer, ne rien attendre.

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L’INSULINE – À QUEL PRIX ?

Écrit par Katie Doyle pour beyondtype1.org, traduit par Grégoire Boudsocq

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Cela fait presque 100 ans que la première injection d’insuline faite à Leonard Thompson lui sauva la vie et changea pour toujours l’issue d’un diagnostic de diabète de type 1. Pour ce médicament apparu depuis déjà presque un siècle, vous pourriez être surpris d’apprendre qu’il soit actuellement sur la liste des dix liquides les plus chers au monde, et sans aucune version générique.

D’après le Washington Post, d’infimes changements des formules existantes maintiennent tout en haut le tarif de l’insuline, et rendent hors de portée l’idée la possibilité d’un générique. Cela constitue un fardeau financier de plus en plus lourd pour la multitude de personnes insulino-dépendantes, au point d attirer l’attention de politiciens aux États-Unis.

En novembre, le Sénateur Sanders et le Représentant Cummings ont demandé une enquête fédérale sur la formation des prix de l’insuline entre les trois principaux fabricants, une accusation que les porte-paroles d’Eli-Lilly, Novo-Nordisk et Sanofi ont implacablement rejetée. Dans une lettre au procureur de la Cour Suprême et au Commissariat Fédéral du Commerce, Sanders & Cummings soulignent que les patients ont acquitté pour l’insuline en 2013 plus du triple de ce qu’ils payaient en 2002.

T1 International, organisation à but non lucratif basée à Londres, a conduit une étude sur à ce sujet. Le rapport établit qu’une boite de Novolog coûte entre 14 et 300 $ pour des consommateurs américains qui payent leur insuline de leur poche. Il établit également que la somme à débourser pour de l’Humalog dépasse les 400$.

« L’Amérique est un des rares pays où j’ai été, où le gouvernement ne négocie pas le prix des médicaments pour ses citoyens. Les prix ont changé suivant l’inflation mais ce n’est rien à côté de ce qui se fait en Amérique », dit Erin Little, fondatrice de l’organisation à but non lucratif « Type 1 Sucre Blue ».

L’accès à l’insuline n’est pas un problème exclusivement américain. Même avec une régulation gouvernementale, il est un fait que, pour beaucoup de diabétiques de type 1 dans le monde, l’insuline reste un produit indisponible, ou au prix exorbitant la rendant hors d’atteinte, voire les deux.

Le programme « Life for a child », de la Fédération Internationale du Diabète, travaille à pourvoir suffisamment d’insuline et de seringues, entre autres ressources, à plus 18 000 jeunes diabétiques dans 43 pays du monde.
Dans un récent rapport, qui examine le cout financier du diabète dans 15 pays aux bas revenus, La FID a conclu que : « L’insuline est essentielle pour les personnes atteintes de DT1, mais n’est toujours pas facilement accessible, même pour les enfants, de manière ininterrompue, dans les pays à faibles revenus (…). Dans un monde où le pancréas artificiel pointe à l’horizon, aucun enfant ne devrait mourir de diabète » (Diabetic Medicine).

Pour corriger la montée en flèche du prix de l’insuline, Elizabeth Rowley, de T1International, propose que « le public exige plus de renseignements de la part des compagnies pharmaceutiques ». Et d’autres organisations prennent le relais, comme l’ADA qui a lancé une pétition pour une insuline abordable. Des scientifiques cherchent également à fabriquer une insuline « open source », pour se libérer des règlements relatifs aux brevets.

Rowley déclare : « T1International n’arrêtera pas de se battre pour la transparence du secteur pharmaceutique, et afin qu’il rende des comptes, et les augmentations de prix continues ne feront qu’amplifier notre assiduité dans ces efforts. Le chemin à parcourir est encore long, mais les USA peuvent établir un précédent pour le reste du monde. Si le gouvernement trouve les moyens de fléchir les courbes et de baisser les prix, s’il s’assure que personne ne meurt parce qu’il ne peut pas s’offrir des médicaments qui sauvent, nous serons sur la piste de la réglementation globale du tarif de l’insuline, ainsi que d’une plus grande transparence. »

Rowley suggère également de s’intéresser à la communauté en ligne : « De plus en plus de personnes remarquent ce coût élevé de l’insuline, particulièrement aux USA. Cela signifie qu’il y a de plus en plus de voix qui s’élèvent pour cette cause d’#insulin4all. Et plus d’engagement signifie plus de potentiel pour un changement réel. »

Erin, de Sucre Blue, suggère de rassembler et étendre notre communauté : « Il y a trois textes majeurs qui ont impacté nos travaux : la Loi sur les soins abordables (ACA), le Partenariat Trans Pacifique (TPP) et la loi sur les Soins du XXIème Siècle. Tous trois ont des implications nationales et mondiales pour les industries pharmaceutiques, les brevets, les systèmes d’amortisseurs sociaux, et bien entendu des implications pour les patients, riches comme pauvres. Notre combat pour les droits humains commence par la prise de conscience que nous devons aider les autres parce que nous pouvons nous trouver dans la même situation. Je pense que nous devons apprendre à agir en tant que groupe au service de toutes les maladies chroniques, et pas uniquement du diabète ».

« FAIRE RÊVER LE MARCHÉ »

Un portrait du docteur Brandicourt, DG de Sanofi, avec les témoignages de moralité de Patrick Kron (le fossoyeur d’Alstom) et du sous-préfet Weinberg. Jazz, catamaran, jeunesse idéaliste, velléités d’année sabbatique*, toute la panoplie du dirigeant de bon goût y passe. Mais sur la Dépakine, la Lantus surpayée ou les patients en général silence. Il est vrai qu’on apprend que dans le cadre de son activité de médecin il n’en a jamais rencontré. Et le créateur de cet empire pharmaceutique, Jean-François Dehecq, appréciera avec quel tact ses successeurs évoquent son action. Ces fanfaronnades à la Messier nous feraient rire si elles ne lésaient que les gogos de la bourse. Hélas, comme nous venons d’en voir les prémices avec la Dépakine, c’est la collectivité tout entière qui payera les erreurs et les négligences criminelles de ces prébendiers.

(*) : pourquoi d’ailleurs lui avoir versé un pactole à son arrivée alors qu’il s’apprêtait à quitter Bayer pour faire un tour du monde à la voile?

http://www.challenges.fr/…/comment-le-directeur-general-de-…

 

MASSACRE À L’INSULINE

Ce texte, écrit par un DT1 américain relocalisé au Panama, où le prix de l’insuline a doublé en deux ans, est formidable, et malheureusement accablant.

These things, insulin in the fridge and friends who are keen to listen, may make me the most fortunate Type 1 in Panamá. Our struggles are a dream to many.
BEYONDTYPE1.ORG

 

TOUS AVEC SANOFI

L’élégance, toujours. Ayant consciemment dévasté des milliers d’existences en omettant pendant des décennies d’indiquer les ravages sur les foetus de la prise de Dépakine, Sanofi, après avoir longtemps nié la réalité de leurs accusations, s’en remet à la solidarité nationale pour l' »indemnisation » des familles. Et nous, diabétiques, sommes condamnés à engraisser ces malfaisants, qui subventionnent l’AFD et tant d’autres.

‪#‎diabète‬ ‪#‎DT1‬ ‪#‎Dépakine‬ ‪#‎Apesac‬ ‪#‎Sanofi‬ ‪#‎Brandicourt‬ ‪#‎Weinberg‬‪#‎Darcos‬ ‪#‎AFD‬ ‪#‎AJD‬ ‪#‎Figaro‬ ‪#‎AnneJouan‬

INFO LE FIGARO – L’industriel indique aux familles que c’est la solidarité nationale qui les indemnisera.
SANTE.LEFIGARO.FR

 

INSULINE : L’ENTENTE CORDIALE

Novo et Sanofi se tiennent à la culotte sur leurs tarifs : quand une insuline augmente, sa concurrente aussi.

L’opération est indétectable en France puisque leur seul client est l’Assurance Maladie (et les diabétiques hors du système de santé, à qui ça coûte un bras). Aux États-Unis c’est une autre affaire, comme le montre cette étude de Bloomberg.
Comment expliquer, ici, que l’Abasaglar, le biosimilaire de la Lantus fabriqué en Alsace par Lilly, soit presque aussi cher que l’original, alors que le coût des recherches est toujours invoqué pour justifier le prix élevé de ce médicament?

On May 30 last year, the price for a vial of the blockbuster diabetes medication Lantus went up by 16.1 percent. On the next day, Lantus’s direct competitor, Levemir, also registered a price increase — of 16.1 percent.
BLOOMBERG.COM
734 personnes atteintes

 

À CHAQUE DIABÉTIQUE SON INSULINE : LA MÊME

Nous avons tous un métabolisme différent, et la même insuline n’agit pas de la même façon d’un organisme à l’autre. Le choix est hélas restreint, et aucun produit actuel ne peut correspondre à nos besoins réels. Nous devons nous affranchir des courbes et des durées d’action revendiquées par les fournisseurs, bien plus fluctuantes en pratique, pour nous fier à la façon dont notre corps réagit.

‪#‎diabète‬ ‪#‎DT1‬ ‪#‎Humalog‬ ‪#‎EliLilly‬ ‪#‎Apidra‬ ‪#‎Sanofi‬

The Switch: How I accidentally found the right insulin. That insulin is Apidra, which I’d never heard of before, despite it being on the market since 2004.
BEYONDTYPE1.ORG

 

MERCI LE DAUPHINÉ

La Dépakine est un anticonvulsivant commercialisé par Sanofi pour le traitement de l’épilepsie et des troubles bipolaires notamment. Il serait à l’origine de malformations et de troubles cognitifs chez le fœtus. Photo Julio PELAEZSur ce qu’il faut bien appeler le scandale de la Dépakine, la presse nationale (à l’exception d’un excellent reportage de BFM TV) brille par sa discrétion. Les journaux régionaux, contactés par les familles et l’association qu’elles ont dû créer pour que ce drame soit reconnu, sont plus téméraires. Ne pouvant plus éteindre l’incendie, le gouvernement va désormais s’employer à dégager sa responsabilité pénale ainsi que celle du laboratoire, et se substituer, à coup de Fonds d’indemnisation, à la responsabilité civile de celui-ci.

 http://www.ledauphine.com/sante/2016/05/06/la-depakine-nouveau-scandale

 

UNE NOUVELLE MISSION POUR LA FONDATION SANOFI ESPOIR : INDEMNISER LES VICTIMES DE LA DÉPAKINE

Charité bien ordonnée commence par soi-même. Xavier Darcos, académicien-patachon, immortel au point que personne n’a encore remarqué son élection, pensait pantoufler à la tête de la Fondation d’Entreprise Sanofi Espoir et d’un beau projet : utiliser son carnet d’adresse, et une vague cause défiscalisée qui ne mange pas de pain, pour permettre à l’Areva du diabète de s’implanter dans les pays émergents. Mais cette sinécure risque de virer au cauchemar.
Acte manqué? Madame Darcos, qui caresse le rêve de devenir député LR lors des prochaines législatives, a choisi l’Essonne comme aire de parachutage. Sur les terres du CNTS.

http://www.letelegramme.fr/…/depakine-on-nous-a-trahis-18-0…

http://www.ledauphine.com/…/05/06/la-depakine-nouveau-scand…

http://fondation-sanofi-espoir.com

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CHEZ NOVO-NORDISK ON NE PARLE PAS AUX VACHES À LAIT DIABÉTIQUES

Il y a 6 mois, Léonard Vernet, qui dirige l’épatante Fondation Romande pour la Recherche sur le Diabète, m’avait signalé une nouvelle insuline lente, la Tresiba, déjà disponible en Suisse et dans d’autres pays, parfois depuis plusieurs années. D’une durée d’action bien supérieure à ses concurrentes (72 heures), elle permet, avec une injection par jour, de prendre en charge les besoins du métabolisme avec une stabilité accrue.

Heureux de cette bonne nouvelle, je me renseigne auprès de mon médecin et de ma pharmacie. Aucune trace ici, y compris sous son appellation d’origine (insuline degludec). J’écris à Novo, qui la fabrique, pour en savoir plus. Pas de réponse. Je leur réécris plusieurs fois, idem.

J’ai été confronté à la même absence totale de réaction lorsque j’ai cherché à rencontrer des responsables de Sanofi en préparant mon livre. Voulant éviter tout manichéisme et les clichés simplistes sur l’industrie pharmaceutique, je souhaitais comprendre et pouvoir exposer leur vision des choses.

Après les fautes de carre de Servier attaquant Irène Frachon, mettant fin ainsi à l’indifférence suscitée jusque-là par ses déclarations sur le Mediator, tout dialogue semble impossible. On ne parle qu’aux associations de patients agréées, et financées.

C’est très inamical, et insultant à l’égard des diabétiques, dont le malheur fait le bonheur de Novo (et un taux de rentabilité à plus de 30%*) depuis tant d’années. Aucune grande marque, dans aucun domaine, ne se permet de traiter ainsi ses clients. Mais il est vrai que dans le diabète ceux-ci sont captifs, entre les mains de trois entreprises qui se partagent le gâteau, alignent leurs tarifs, y compris sur les produits génériques ou biosimilaires. La grossièreté de Novo-Nordisk, comme celle de Sanofi, est une manifestation mineure de leur abus de position dominante.

Travaillant dans l’industrie du disque, j’ai vu des fusions de majors cassées à Bruxelles pour moins que ça. Faut-il que nous allions devant la Commission européenne?

https://www.tresiba.com

(*) : 30% de rentabilité (20% seulement pour ces gagne-petit de Sanofi), c’est près du triple de ce que promettait Bernard Madoff…

LES DEXTROS NE SONT PAS INDOLORES, LEUR PRIX NON PLUS

Les bandelettes n’ont pas progressé depuis les années 80, leur prix si. Vendues littéralement 10 fois trop cher, le racket est indolore en France pour les diabétiques de tout type,qui bénéficient du 100% (mais pas pour les comptes de l’Assurance Maladie). Ailleurs c’est une autre affaire. Dans les pays pauvres qui y ont accès, les diabétiques doivent se rendre à l’hôpital pour faire un dextro ; et chez les riches, comme aux USA, ceux qui ne bénéficient pas des bonnes assurances rament.
Photo prise dans les rues de New York par Blandine Rinkel.

 

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