Diabète et méchant

Tout espérer, ne rien attendre.

Mois : août 2019

Ne soyons pas désert

Qui de toi, soleil ou soif, se joue de mon âme, mémoire perdue d’une enfance en suspens.

Insouciance détruite d’une simple goutte de sang. Choc frontale sans état d’âme.

Qui suis-je ou étais-je ?

Individu, personne, enfant, patient, analyse, chiffre. Sage, équilibré mais pas équilibriste. Insoumis mais observant d’une constante ponctualité. Entre conscience et inconscience mon esprit vacille sur la subtile pente construite par une simple île déserte.

Tant que je suis sans être « lui » j’existe.

Tant que, si cela m’étreint, je continue à être dans ce silencieux combat

Quand l’étreinte brise le voile de ma conscience je cesse d’être moi pour devenir machiniste. Patient et scrupuleux observant.

 J’ai de la chance, j’ai vécu.

Peu, mais j’ai vécu, une dizaine d’années. Qui je suis c’est, pour moi, savoir qui j’étais pour parvenir à laisser derrière le voile cet altérité.

J’ai peu de souvenir. La mémoire, c’est là sa beauté, n’est pas figée, rigide et encore moins définitive. Nous sommes des constructions en briques et tailles de souvenirs. Quelque uns purement informels et la grande majorité totalement émotionnels et complètement subjectifs et fluctuant.

Un gamin, un adulte maintenant. De mes souvenir restent ces images, instants, odeurs, sensations à présents reflétées sur des yeux d’adulte.

Un épisode de vie suffisant. Suffisant pour que je sache que vivre n’est pas que cela et que cela n’est pas la, ma, vie.

Un épisode assez court pour que je ne puisse être obsédé par un avant devenu trop lointain, distant. Trop rapide aussi.

 Ainsi j’arrive à savoir, assis sur cette herbe fraîche, que quelque fois ce que l’on nomme « bonheur » consiste à ne simplement penser qu’à cette herbe, cette odeur agré- ou désagréable, à une pile de tracas quotidiens comme une autre. Le sens de la rivière qui coule à défaut d’avoir de certitude sur celui d’une vie…

 Mais juste un instant sans être résumé à un chiffre symptomatique ou non.

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À LA RECHERCHE DU LADA

CE DIABÈTE A LE NOM D’UNE VIEILLE VOITURE, moche selon tous les critères internationaux, chère à l’usage et à l’entretien, et dont certains démarrages matinaux fastidieux, ou trajets chaotiques, voudraient qu’on en change pour une nouvelle, mais voilà, on n’en a pas les moyens.

Le diabète LADA, car tel est son nom, acronyme de « Latent Autoimmune Diabetes of Adults », soit in french « diabète auto-immun latent de l’adulte », est un diabète suffisamment bizarre pour qu’on lui colle dans certains pays le numéro 1.5 ; ni 1, ni 2, mais quelque part au milieu.

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2016 - Diabète et Méchant