
Le sous-préfet Weinberg et le docteur Brandicourt ne sont ni des entrepreneurs, ni des inventeurs. Ils sont donc condamnés à mettre la main sur les idées des autres, le plus souvent pour les enterrer. C’est ainsi qu’ils ont abandonné l’insuline en spray Afrezza et lâché ses concepteurs, MannKind. Tout diabétique un peu affranchi aurait pu leur expliquer que le projet n’avait guère d’intérêt : l’insuline à inhaler est une vieille idée de non-diabétique, de goy du diabète ignorant les véritabies attentes des patients.
Ils n’ont pas inventé la poudre, donc, mais ils persistent à chercher de nouvelles cibles, comme ici avec Medivation, qu’ils courtisent avec leur élégance habituelle.
Pardon d’insister sur cette boite, je ne suis pas Sanophobe ni un fanatique de pureté morale ou de transparence, mais nous aurons beaucoup de mal à faire évoluer positivement les choses dans le domaine du diabète tant que certaines pratiques ne seront pas proscrites.



Novo Nordisk enregistre une année record avec + 32 % de bénéfices en 2015 : 4,67 milliards d’euros, pour un chiffre d’affaires de 14,5 milliards d’euros. Comment ne pas lier ce taux de rentabilité stratosphérique (plus de 30%…) et le prix scandaleux des insulines ?
Que 20.000 usines de fabrication d’insuline fleurissent. Est-ce parce que sa cote de popularité à 14 ressemble à une mauvaise HbA1c? Pour François Hollande, « l’accroissement mondial de la demande pour les traitements anti-diabétiques » contribue à relancer l’économie. Il oublie que l’insuline, vendue bien trop cher, érode les comptes publics. Novo a mis au point une insuline lente très intéressante, la Tresiba, disponible un peu partout sauf en France. Cette usine était peut être le prix à payer pour qu’elle soit enfin commercialisée ici. Décidément rien n’a changé depuis le CNTS, le sang contaminé, Sanofi-Pasteur et le patriotisme économique dévoyé.



Frédérique Georges-Pichot
Anne Durand
Juliette de Salle


















