Diabète et méchant

Tout espérer, ne rien attendre.

Catégorie : Chroniques (Page 1 sur 5)

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À LA RECHERCHE DU LADA

CE DIABÈTE A LE NOM D’UNE VIEILLE VOITURE, moche selon tous les critères internationaux, chère à l’usage et à l’entretien, et dont certains démarrages matinaux fastidieux, ou trajets chaotiques, voudraient qu’on en change pour une nouvelle, mais voilà, on n’en a pas les moyens.

Le diabète LADA, car tel est son nom, acronyme de « Latent Autoimmune Diabetes of Adults », soit in french « diabète auto-immun latent de l’adulte », est un diabète suffisamment bizarre pour qu’on lui colle dans certains pays le numéro 1.5 ; ni 1, ni 2, mais quelque part au milieu.

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Schizophrénie sucrée

Nouveau concept, l’article à deux voix, issu d’une conversation informelle, donnant lieu à un défi amical !

Corentin signe ce poème à lire en écoutant cela :

Vous pourrez aussi lire d’autres proses sur le blog : http://regimequinemangepasdepain.over-blog.com/

Tous les trois mois c’est la même scène,

On pousse les portes du labo pour se faire sucer la veine.

Nos trois derniers mois défilent dans la tête,

Les apéros, les repas et les sorties à bicyclette.

Si la conduite à tenir paraît simple,

Nos pensées divergent le jour de l’examen.

On espère souvent avoir la mention,

Surtout quand nos journées on fait preuve d’attentions.

Période schizophrénique où on se regarde dans le miroir

En passant de la sous estimité à la culpabilité sans le vouloir.

Les pensées partent dans tous les sens en attendant le verdict

Pour ensuite aller dans ce choix dichotomique.

On repartira alors soulagé ou avec les crocs

En tentant la prochaine fois de décrocher le bon numéro. 

 

Puis ma version, (plus bavarde) que l’on peut lire avec de la musique aussi, mais je vous laisse le choix… Lazarus de Bowie, excellent choix, vous avez bon goût !

Schizophrénie sucrée

milou

Je fus médecin avant d’être malade. Ordonnancier sous la main, je prescris. Des médicaments, des radios, des échos, des scanners, des IRM, des prises de sang, des analyses d’urines. Et un jour j’ai mis mon nom en haut à droite, là où on écrit le nom du patient habituellement.

Je me souviens parfaitement du jour de mon diagnostic de diabète. J’attendais avec impatience mon résultat, qui ne venait pas. Alors j’ai appelé le laboratoire, comme je le fais quasi quotidiennement, pour des patients… La secrétaire reçoit ma demande, laisse un discret silence inhabituel, et me dit « votre dossier n’est pas validé » … et elle me passe alors le biologiste ! J’ai donc quelque chose de grave. Reste à savoir quoi !

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Le diabétique de type 1 et ses (petits) congénères

« Deviens celui que tu es! »

Juliette a déjà abordé ici (http://diabeteetmechant.org/2018/07/02/faut-peur-de-faire-enfants/) la question délicate de la parentalité lorsque l’on est diabétique de type 1, et notamment de la crainte plus ou moins rationnelle que certains d’entre nous – moi la première – peuvent avoir de transmettre la maladie à leurs enfants, en même temps que quelques névroses familiales et une planète toute pourrie en sus (cadeau !). La réaction assez saine qu’il me semble apercevoir derrière cette angoisse est qu’elle traduit le fait que, spontanément, on ne souhaiterait à personne de déclencher un DT1, même si, de son côté, on peut être relativement satisfait de son existence avec cette maladie : c’est bien tout le mal que je vous souhaite.

D’autre part pourtant, on lit régulièrement des témoignages de patients (DT1 ou non), dans lesquels s’exprime une sorte de gratitude à l’égard de la maladie et qui revient souvent à quelque chose comme : « En fait, après réflexion, merci à la maladie parce qu’elle a fait de moi ce que je suis. » Si on adhère sincèrement à ce type de discours, transmettre le DT1 à son enfant pourrait paradoxalement s’apparenter à une sorte de cadeau. Certains naissent ainsi avec une cuiller en argent dans la bouche, d’autres avec une seringue en plastique dans la fesse, et bien malin celui qui devinera lequel des deux aura finalement été le plus favorisé par le sort…

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Diaboulimie : quand diabète et boulimie interagissent

Pour faire suite à l’article « Diabulimia : DT1 et troubles du comportement alimentaire (TCA) » d’Aude Bandini*, j’ai souhaité apporter mon témoignage sur cette pathologie.

repas couleur

Chacun d’entre nous entretient un lien particulier avec l’alimentation.

Pour la personne diabétique confrontée en permanence au contrôle et au calcul de ce qu’elle ingère, ce lien peut vite devenir une obsession. Le risque que cette obsession se transforme en un trouble compulsif tel que la boulimie, particulièrement chez la jeune femme diabétique de type 1, est aujourd’hui avéré.

J’ai écrit le témoignage qui suit car je pense que mon cas reflète malheureusement une réalité face à laquelle le patient, son entourage, sa famille, le milieu médical semblent dépourvus de remède.

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ALLERGIES AU FREESTYLE LIBRE : UN NOUVEL ALLERGÈNE IDENTIFIÉ

Molécule de N,N-dimethylacrylamide

[Ajout du 29 mai 2019] L’ANSM vient justement de mettre en ligne un point d’information, ici, selon lequel « la modification d’un composant interne des capteurs de glycémie FreeStyle Libre [devrait désormais] diminuer le risque de survenue de réactions cutanées nécessitant un suivi médical ». On remarquera le flou qui caractérise la rédaction de ce texte, où les noms des allergènes retirés n’apparaissent pas, ainsi que le souci de minimiser le problème qui y transparaît, et on pourra légitimement se demander si le chiffre de « 0,2% des utilisateurs ayant signalé une réaction cutanée nécessitant un suivi médical » ne reflète pas davantage un phénomène de sous-déclaration chronique des effets indésirables que la réalité des faits.

Pour ce printemps pluvieux, Abbott nous promet un FreeStyle Libre enfin moins allergène – dont acte, ou faut-il dire « mieux vaut tard que jamais » ?

Mais voici qu’un article scientifique signé Martin Mowitz, Anne Herman et al., met en évidence, outre l’isobornyl acrylate (IBOA), un nouvel allergène dans le FreeStyle Libre d’Abbott : le N,N-diméthylacrylamide (DMAA).

Qu’en sera-t-il du N,N-diméthylacrylamide dans le nouveau FreeStyle Libre ? Qui vivra verra.

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27ème Rencontre du 1er Type avec Brigitte Ballandras

unnamedNotre 27ème Rencontre du 1er type Île-de-France aura lieu dimanche 31 mars, de 15h à 17h, au Mila, 2 rue André Messager 75018 Paris (Métro 4 : Simplon ou Porte de Clignancourt – Métro 12 : Jules Joffrin).

Pour cette réunion, nous aurons le plaisir* d’accueillir Brigitte Ballandras, psychologue clinicienne et présidente de l’association Affects et Aliments**, qui nous parlera des troubles du comportement alimentaire en relation avec le DT1 et nous fera profiter de son expérience et de ses connaissances sur ce sujet.

Inscriptions à contact@diabeteetmechant.org.

(*) : merci Aurélien Chaboche.

(**) : alimental.fr

DÉLIRE GÉNÉRAL AUTOUR DU BÊTA HYDROXYBUTYRATE

Délire général !!!

Une étude de l’INSERM portant sur des travaux concernant les corps cétoniques vient d’être publiée dans Science Report (impact factor 4,122).

En voici le résumé en traduction automatique :

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/30679586

« Le butyrate et le R-β-hydroxybutyrate sont deux acides gras à chaîne courte apparentés que l’on trouve naturellement chez les mammifères. Le butyrate, produit par les bactéries butyriques entériques, est présent à des concentrations

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QUAND LA ROUTE PARAÎT TROP LONGUE

Illustration de FranzTout récit aurait un début et, parfois, une fin. C’est ce qu’on apprend et observe sur de (trop ?) nombreux écrans. On nous apprend ensuite et aussi que le début est au passé.

Il faut que je vous fasse une confidence : j’ai hésité à suivre machinalement cette règle. En fait, voyez-vous, le fait est que, même sans DeLorean nucléaire, le voyage dans le temps existe.

Sauf que l’on nomme cela communément « mémoire ». Et, trop souvent, on aimerait la voir fonctionner comme celle d’un ordinateur.

Eté 2018 – Un présent comme d’autres jours

Examen de routine à l’hôpital de Tulle, cela fait cinq ans que je n’y ai mis les pieds et probablement plus d’un an que je n’ai vu aucun médecin. Juste besoin d’un certificat que pour des raisons pratiques mais surtout personnelles je préfère aller chercher là.

Sans doute aussi un besoin d’humanité loin des usines médicales urbaines. Rien de spécial sous le soleil de juin, un médecin que je connais depuis plus de vingt ans m’attends et me rédige le dit certificat. Le temps le presse mais il le prend tout de même, il m’explique qu’un nouveau dispositif pourrait me faciliter la vie et est pris en charge depuis le printemps. Il semble surpris, à moitié me connaissant, que je n’en sache rien.

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TOUT ESPÉRER, NE RIEN ATTENDRE

Règlement intérieurTout espérer, ne rien attendre : c’est tout à fait l’état d’esprit dans lequel nous étions, Frédérique et moi, le 14 décembre dernier, alors que nous avions rendez-vous avec le Professeur X, Cheffe de service de diabétologie ; rencontre à l’initiative de ce Professeur, en réponse à mon courrier de juillet 2018, dont le thème principal était : l’état comateux de la diabétologie en France actuellement.

J’étais agréablement surprise d’avoir été contactée pour cette rencontre, et le fait que ce Professeur accepte que je sois accompagnée me semblait de bon augure.
J’espérais une discussion sans tabou, une écoute mutuelle, une réflexion ouverte, un début de transparence… Une porte semblait s’entrouvrir entre deux mondes : celui des médecins et le nôtre.
Avec Frédérique, nous arrivions à ce rendez-vous confiantes et sans a priori. Ce n’était pas le cas de notre interlocutrice…

Et voilà : RIEN. Il nous fallait comprendre cet entretien comme un privilège suprême accordé par un grand ponte à deux malades idiotes. La Cheffe s’attendait visiblement à des remords de ma part, pour ne pas l’avoir couverte de louanges dans mon courrier, et pensait peut-être que nous allions nous extasier de ces propos… La déception a été bilatérale (mais sans trop de surprise pour notre part).
Car il s’agit bien de ce rapport de « soins » dans lequel nous sommes indéfiniment enfermés : un asservissement des diabétiques par les diabétologues, ou plutôt par la société savante de diabétologie.
Nous devons nous soumettre ou disparaître.

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PIQUER !

– faire pénétrer une pointe  – s’enfoncer

PIQUER

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2016 - Diabète et Méchant