Diabète et méchant

Tout espérer, ne rien attendre.

Catégorie : Inexactitudes (Page 2 sur 4)

MORT DE GEORGES SÉGUY : COMMUNIQUÉ DE L’AFD

Georges Séguy, ancien secrétaire général de la CGT, « souffrait de diabète » (probablement de type 2, donc) et avait été amputé récemment des deux jambes (http://www.lemonde.fr/…/georges-seguy-ancien-secretaire-gen…). Voici son témoignage (et sa photo), mis aux normes esthético-commerciales de l’AFD (cf nos messages précédents) :

Fédération française des diabétiques
[TÉMOIGNAGE] Georges : « Engagé dans la vie associative, DT2 depuis l’âge de 50 ans, j’ai bientôt 90 ans et donc bientôt 40 ans de diabète sans complication. Je suis sous pompe, prise en charge par la sécurité sociale…Et depuis, que du bonheur. « Hypos » très rares…Un repas mal dosé et je peux ajouter un bolus…Alors n’hésitez pas avec les évolutions technologiques à venir à passer à la pompe à insuline. http://ow.ly/4mIQ3L

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FAUX TÉMOIGNAGES : L’AFD LA MAIN DANS LE SAC

Merci à Blog de papa, qui a retrouvé Julie, la jolie diabétique évoquée dans notre précédent message. Honte d’être représentés par de tels imposteurs.

https://fr.fotolia.com/id/13136481

Téléchargez la photo libre de droits « Portrait de femme accroupie » créée par auremar au meilleur…
FR.FOTOLIA.COM

 

APPEL À TÉMOINS

Mais qui sont ces gens? Les témoignages édifiants de diabétiques mis en ligne par l’AFD laissent songeur. Arrières-plans floutés dignes des meilleures banques d’images, beaux visages au discours millimétré, ils n’ont jamais de nom de famille ni de profession. Observants, acceptants, « thérapeutiquement éduqués », ils sont tellement parfaits qu’on en vient à douter de leur existence réelle. Ont-ils rédigé leur témoignage eux-mêmes? Sont-ils là pour nous encourager ou pour nous culpabiliser de ne pas être de bons élèves comme eux?

Si vous connaissez ces personnes, ou si elles ont la possibilité de s’exprimer, merci de nous contacter.

https://www.facebook.com/Federation.francaise.des.diabetiques/photos/a.167208726674073.41067.126664467395166/1131417406919862/?type=3&theater

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Fédération française des diabétiques

[TEMOIGNAGE] Julie : « Je suis diabétique depuis 14 ans. Pendant toutes ces années, mon alimentation et mon mode de vie évoluaient en fonction de mes taux de glycémie.Grâce à un stage d’insulinothérapie fonctionnelle, j’ai enfin du pouvoir sur ma maladie. Je mange ce que je veux, fais du sport bref le diabète s’adapte à mon style de vie. Certes, il y a encore quelques hypos où je dois manger alors que je n’ ai pas faim. Mais c’est mon premier soir de Noël où je n’ ai pas mangé le soir ayant l’estomac plein à craquer du repas de midi.Je peux enfin sauter des repas ou manger comme tout le monde. Il suffit de compter tous les glucides et d’ adapter ses doses d’ insuline (pour faire très bref) car il faut faire un stage à l’ hôpital avec des médecins pour bien comprendre cette nouvelle prise en charge. Si comme moi, vous voulez prendre une réelle possession de votre maladie, renseignez vous sur ces stages d’ insulinothérapie fonctionnelle dans votre département, c’est une autre manière d’aborder cette maladie. Courage à tous… »
‪#‎diabete‬ ‪#‎InsulinothérapieFonctionnelle‬

 

LA GLUCOSE DU PEUPLE

25 ans après le traitement basal-bosul, qui aurait dû y mettre fin, l’AFD continue de propager ses inepties dangereuses.

En conseillant aux DT2 de se gaver de « bons sucres » et en faisant croire aux DT1 qu’ils doivent en absorber à chaque repas sous peine d’hypoglycémie, elle porte une lourde responsabilité dans les déséquilibres actuels.

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Fédération française des diabétiques

Pourquoi manger régulièrement des glucides quand on est diabétique ?
La régularité est essentielle si on reçoit un traitement pouvant entraîner des hypoglycémie


 

LE DIABÈTE NIVEAU CONCOURS LÉPINE

Il y a deux mois j’avais été contacté par un jeune agenais très sympathique, Benoît Mirambeau, sur les conseils de Christine Jammet, vaillante activiste DT1 dacquoise. Afin d’aider sa mère diabétique, il avait mis au point une application destinée aux téléphones portables et aux ordinateurs. Le principe : on inscrit sa glycémie, son activité physique et ses repas, puis l’algorithme détermine les doses à injecter. D’autres programmes du même type existent déjà à l’étranger, et ces dispositifs me semblent toujours moyennement convaincants, car ils font abstraction de la part irrationnelle des fluctuations de notre métabolisme et de notre alimentation, et son logiciel était encore plus axé que les autres sur le rôle du médecin prescripteur omniscient, qui saisit le protocole dans l’application et en vérifie le suivi.

Je lui avais donc répondu que son procédé, malgré ses excellentes intentions, perpétuait la fiction selon laquelle le diabète se traite en additionnant des valeurs glycémiques, et que la tendance des dispositifs, pompes, instruments d’analyse etc, à devenir des interfaces permettant au médecin de contrôler le diabétique à distance, me paraissait contre-productive. Nous n’avons besoin ni de doudous connectés ni de télécommandes actionnées par le diabétologue, mais d’instruments d’analyse fiables et souples, nous aidant à prendre nous-même les décisions, de façon empirique et pragmatique.

Puis son application a remporté le concours Lépine à la Foire de Paris. Je n’en ai pas parlé ici pour ne pas faire, une nouvelle fois, le rabat-joie. Il y a quelques jours, demandant un changement de garniture dans un restaurant, obligé comme souvent de me justifier et d’expliquer que j’étais diabétique face aux sarcasmes épicuriens du maître des lieux, celui-ci me dit : « vous avez vu, ça y est, il y a une invention qui soigne le diabète, qui a gagné le conours Lépine etc ». Toujours le mythe de la guérison imminente et « le diabète ça se traite très bien maintenant ». Pourtant, la seule invention notable, le FreeStyle Libre, est toujours inaccessible au plus grand nombre, et l’insuline la plus lente, la Tresiba, n’est pas disponible en France.

À la différence des imposteurs derrière la pantalonnade Diabeloop (une pompe à insuline connectée présentée comme un « pancréas artificiel » et inondée d’aides publiques) la démarche de Benoît Mirambeau est totalement désintéressée, et il a refusé toutes les sollicitations mercantiles. Mais tout de même, quel aveu d’impuissance. Le diabète au concours Lépine : on en est là.

Voici son site / http://www.diabeteprotocole.com

‪#‎diabète‬ ‪#‎DT1‬ ‪#‎FreeStyleLibre‬ ‪#‎Tresiba‬ ‪#‎Diabeloop‬ ‪#‎NovoNordisk‬

http://www.leparisien.fr/…/concours-lepine-une-application-…

Le 115e Concours Lépine des inventions a récompensé samedi une application permettant aux diabétiques de mieux suivre leur protocole de…
LEPARISIEN.FR
1093 personnes atteintes

 

LA POSITIVE ATTITUDE

Il nous est parfois reproché, ici ou sur diabeteetmechant.org, de véhiculer une mauvaise image du diabète. Ce n’est pas du tout notre intention, bien au contraire, puisque nous entendons nous émanciper des préjugés, des poncifs et de l’infantilisation. Il y a du pain sur la planche, comme le montre cet article du Huffington Post, bien en phase avec le confusionnisme des associations prébendières.

 

SANTÉ – Dans la famille de Jackie, le diabète a fait carton plein. Sa mère est décédée des complications d’une amputation liée à son diab&egrave
HUFFINGTONPOST.FR

 

LE COMBAT DE L’AFD CONTRE… LES FAMILLES DE DIABÉTIQUES

Il fallait y penser : pour faire reculer le diabète il suffit de faire reculer les diabétiques. Cette intervention du Président Raymond date un peu (2012), mais elle en dit long sur la confusion qui règne. Mélangeant à dessein tous les diabètes, il désigne l’hérédité comme cause principale de la maladie, sans expliquer clairement le but de sa campagne de ciblage des « familles à risques » : Eugénisme? Stérilisation? Culpabilisation gratuite?

EXHIBITIONNISME DES RÉSULTATS : QUI C’EST QUI A LA PLUS PETITE (glycémie)?

Avec les réseaux sociaux il y a une tendance à brandir ses résultats, sur Facebook, Twitter ou Instagram. Cela correspond, chez les anglo-saxons, à une culture positive, de victoire face à la maladie. Mais il faut faire attention à ce que ça ne provoque pas l’effet inverse : l’exhibition peut être très décourageante quand on a du mal à se tenir dans les chiffres recommandés.

Une des vertus d’un appareil comme le FreeStyle Libre (quand on le pose bien, avec le bras replié, qu’on a bien appuyé sur le capteur pour qu’il ne se décolle pas… et qu’on a pu se le payer tant qu’il n’est pas remboursé) c’est qu’il aide à entrevoir la dynamique du sucre et de l’insuline. On comprend mieux les fluctuations, y compris ce qu’elles peuvent avoir d’aberrant, et on risque moins de décrocher par lassitude. Mais si on est confrontés en permanence aux bonnes notes affichées par les (pseudo) bons élèves, on va se sentir nuls et le résultat sera le même.

Il est important que nous puissions partager nos expériences positives comme nos difficultés, mais nous devons essayer de le faire avec tact et discernement. L’HbA1c, qui est un baromètre très limité, puisqu’il ne prend pas en compte les variations glycémiques, va devenir obsolète dès que la lecture intersticielle, qui mesure le taux de sucre en permanence, sera devenue la norme. Certains praticiens paresseux s’arrêtent à ce chiffre trimestriel, au risque de passer à côté de dysfonctionnements très graves, ou de favoriser les hypoglycémies violentes en ordonnant des taux irréalistes. Faisons attention de ne pas participer à cette escalade normative.

Bref, attention au concours de bites.

5 ASTUCES CONTRE LA CULPABILITÉ ET LE STRESS DE L’HYPERGLYCÉMIE

Voici une traduction sommaire des astuces en question (je suis sûr que vous aurez plein d’autres suggestions) :

1. Admettre que ce n’est qu’un chiffre, corriger et passer à autre chose.
2. Essayer de se bouger, de marcher ou autre pour aider à faire baisser le taux de sucre.
3. Ne pas s’en vouloir, ainsi qu’aux proches et aux parents si ils sont horrifiés.
4. Essayer de noter ces épisodes pour ensuite essayer de voir ce qu’on peut changer pour éviter qu’ils se reproduisent trop souvent.
5. En parler, autour de soi et à d’autres diabétiques en ligne. L’hyperglycémie est inhérente au diabète, et plus nous serons nombreux à l’évoquer sans stress, plus nous pourrons échapper au sentiment de honte et d’échec. Il n’y a aucune honte à avoir un taux de sucre élevé.

5 Tips to Combat the Stress of High Blood Sugar

 

5 TRUCS STUPIDES À NE PAS DIRE AUX DIABÉTIQUES DE TYPE 1

La bêtise « antidiabétique » est sans frontières. Partout les mêmes poncifs, parfaitement résumés et réfutés sur ce site généraliste américain. Le genre d’article qu’on aimerait lire plus souvent en France (cf mon message du 30 mars « Offensive médiatique » et celui du 5 avril « Libé, encore un effort »)…

5 Ignorant Things You Should Never Say To People With Type 1 Diabetes

2016 - Diabète et Méchant